Pharaons: Carton plein pour Lavieille et Nissan
Entre Siwa et Sitra, l'équipage du Nissan Navara N°201 a géré son avance tout en poursuivant ses tests sur les suspensions
Publié le 5 oct 07 à 8:36 |
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Christian Lavieille signe le meilleur temps de la spéciale tandis que son principal rival le Polonais Krysztof Holowczyc se blessait au dos en se réceptionnant violemment sur une dune cassée. Coup de chapeau aux filles aujourd'hui ! Carole Montillet et Mélanie Suchet sur leur Nissan Pathfinder signent le cinquième chrono de la spéciale et gagnent une place au général. Elles sont désormais huitièmes.
La spéciale du jour démarrait en contournant les jardins luxuriants de Siwa dans un champ de dunes parsemé d'herbe à chameaux. Dans ce sens de la course, les dunes dociles de la veille se transformaient en surprenantes dunes cassées, bien spécifiques à l'Egypte. Puis la piste devenait empierrée, puis plus rapide, ondulée et enfin sinueuse dans des lits d'oueds. Changements de rythme obligatoires pour rester sur ses roues... Ensuite, cap au Sud pour retrouver les dunes en total hors-piste jusqu'à un plateau de roche noire. La descente de ce plateau, assez délicate, dans un canyon permettait de reprendre un rythme très rapide sur une piste bien tracée et sinueuse conduisant à nouveau...sur des dunes ! Cap plein Est toujours sur les dunes. Vers le km 260, on retrouvait quelques plateaux rocailleux entrecoupés de fesh-fesh avant de franchir à nouveau des dunes en alternance avec des vallées (noires ou blanches), sur fond de coquillages ! Enfin, nouveau franchissement de dunes molles avant de retrouver la vallée de Sitra, toujours très roulante, mais aux ondulations très piégeuses !
Christian Lavieille toujours très vigilant ne s'est pas fait surprendre : «Nous sommes partis derrière Holowczyc ce matin et l'avons rattrapé avant le CP1. Nous avions fait des choix différents au niveau des pneumatiques. De notre côté, nous avions opté pour des pressions basses afin d'être plus à l'aise dans le sable et Krysztof, plus gonflé, a préféré favoriser les zones empierrées. Nous nous sommes arrêtés au point d'assistance du CP1 pour quelques modifications sur les suspensions, toujours dans l'optique de tester des set-ups différents. Krysztof nous a donc repassés et nous sommes restés environ 14 km dans sa poussière. J'ai préféré lever le pied car la visibilité était réduite. Nous passions mieux sur le sable et lui était favorisé sur les cailloux. Puis au bout d'un moment, nous ne l'avons plus vu. Nous sommes restés sur la trace idéale et en avons profité pour remettre quelques motards égarés sur le bon chemin. A notre grande surprise, en arrivant au bivouac, nous étions les premiers... C'est là que nous avons appris ce qui s'était passé. Les dunes cassées sont des piéges permanents et malheureusement, Krysztof en a fait aujourd'hui la triste expérience. Demain, nous essaierons de passer avec des pressions de pneus plus hautes. Tout ce travail est très positif et nous avons sensiblement amélioré le comportement du Nissan Navara 05 sur le sable. Nous sommes arrivés à un bon compromis. Sur les parties plus cassantes, nous pouvons encore mieux faire.»
François Borsotto a particulièrement apprécié sa journée : «La spéciale était sympa aujourd'hui et du côté navigation, je me suis bien amusé. Nous sommes déjà passés sur une partie de ce parcours voilà deux jours et nous avons retrouvé un nombre incalculable de traces. Quelques motards en perdition dans ce labyrinthe nous ont suivi pour retrouver le bon cap»
Carole Montillet et Mélanie Suchet ont savouré avec délices les 314 km de ce secteur chronométré, sur un petit nuage... Mélanie a pris le volant, naviguée par Carole, sans qu'aucun incident ne vienne perturber leur progression. Elles terminent à la 5ème place de la spéciale et reprennent une place au général. Que du bonheur !
André Dessoude a de quoi être fier de son équipe et d'ailleurs il ne cache pas sa satisfaction : «La voiture de Christian s'améliore de jour en jour. Nous avons bien progressé sur les suspensions depuis le début de l'épreuve. Nous travaillons également sur des détails comme améliorer la souplesse de l'accélérateur par exemple. Cette somme d'informations nous permet de gagner beaucoup de temps avant le Dakar. J'espère que Krysztof Holowczyc pourra repartir demain et que ce n'est pas trop méchant. Il est intéressant pour nous de nous situer par rapport à la concurrence. Nous envisageons de demander à Christian demain de s'arrêter à chaque point d'assistance. Il nous reste encore deux jours de course et nous avons encore des choses à essayer. Je suis d'autre part très satisfait du boulot accompli par Carole et Mélanie. Par exemple, cet après-midi, elles ont décidé de ne pas traîner sur le bivouac, mais sont en pleine séance de mécanique sur leur Pathfinder. Elles apprennent à démonter elles-mêmes les étriers de freins, ou les cardans. Sur un Dakar, s'il faut attendre le camion d'assistance sur la piste, cela peut faire gagner beaucoup de temps sur l'intervention, si tout est déjà démonté, lors de l'arrivée des mécaniciens. Depuis le début du rallye, elles ont énormément appris. J'aime beaucoup leur côté volontaire, c'est très valorisant pour toute l'équipe.»
Aujourd'hui, retour vers l'oasis de Baharija pour la 6ème et avant dernière étape. Au programme, 370 km de secteur chronométré sur lesquels les concurrents franchiront pour la dernière fois des grandes dunes.
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